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La nouvelle est tombée ce vendredi 22 mai, veille de la fête musulmane de ramadan. L’artiste musicien Mory KANTE n’est plus ! Ce chanteur doublé d’un instrumentiste hors pairs ne jouera plus son ngoni.

Né le 29 mars 1950, c’est donc à 70 ans que l’artiste tire sa révérence. Les bars et autres maquis des capitales africaines des années 80 se souviennent encore des pistes bondées lorsque ses chansons passaient. L’artiste se révèle véritablement au public avec sa chanson fétiche, « yéké yéké », sorti en 1987 et apprécié par ses nombreux mélomanes à travers le monde.


L’artiste recevant le prix Grand prix des musiques du monde à la salle Pleyel. Remise des prix Sacem 2017 le 27 novembre 2017.

Chouchouté de cette génération des années 80, l’homme avait pu s’attirer de nombreux fans de la jeune génération qui ne l’ont aimé que par la qualité des décibels qui enrichissent l’ambiance. Des remixs, des featurings avec des stars de sa génération et des plus jeunes, il en a connu. C’est malheureusement depuis un hôpital à Conakry, la capitale guinéenne que son fils a annoncé en ce jour que l’artiste a définitivement déposé ses instruments.
Mais que dire ? Un artiste ne meurt pas surtout pas lorsqu’on a marqué plusieurs « voisins de cette planète » par ses mélodies doucereuses et voluptueuses.
L’enfant de Albadaria, un petit village du sud de la Guinée, près de Kissidougou, aura marqué féru de wold music. Il aurait aimé ce style mais il l’y a appliqué le tact du griot qu’il est. Dans ce milieu, très tôt il a appris à manier et manipuler les mots, les bouts de phrases, les expressions…mais aussi à se laisser bercer par les doux chants des oiseaux aux abords du Fouta Djalon. Partagé entre une éducation sous la surveillance d’un père, El Hadj Djelifodé Kanté, collé aux préceptes religieux et son désir de forger les mots, d’être libre et de s’évader, il quitte tôt Conakry pour Bamako puis Abidjan, plaque tournante du show biz dans les années 90.
Le "jeliya", terme mandingue signifiant "l’art du griot", il la de naissance mais surtout par une passion brûlante de l’intérieur et un désir de communiquer au monde sa culture de la périphérie.

Des hommages et des prix
Au total ce sont douze sonates que l’artiste a laissé à la postérité. Douze albums, dont le dernier est sorti en 2012. L’artiste qu’on a surnommé « le griot électrique » connaissait le langage des instruments. Une grande qualité qui distingue en musique ! Auréolé d’une carrière pleine d’environ quarante ans, l’artiste a obtenu de nombreux prix. A l’annonce de sa disparition, le président de son pays d’origine, la Guinée, Son Excellence Alpha CONDE n’a pas hésité à lui rendre cet hommage sur twitter. « La culture africaine est en deuil. Mes condoléances les plus attristées...Merci l’artiste. Un parcours exceptionnel. Exemplaire. Une fierté ». C’est sans doute un instant qui l’a marqué à jamais ce jour où en novembre 2017, il recevait un prix de la Sacem 2017 pour son enrichissante carrière. Adieu l’artiste ! A bientôt l’artiste pour tes mélodies ! Roger SAWADOGO.

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