Projet RED+ Sahel : Djibo identifie ses besoins pour renforcer la résilience communautaire

Djibo, 24 mars 2026 – La commune de Djibo a franchi une étape importante dans la mise en œuvre du Programme Redonner Espoir et Dignité au Sahel (RED+ Sahel) en organisant un atelier d’identification des besoins locaux. La rencontre s’est tenue sous la présidence du Président de la Délégation spéciale, Monsieur Hubert Drabo, avec la participation d’acteurs clés de la province du Soum.
Ce programme ambitieux vise à renforcer la résilience des communautés face aux facteurs de l’extrémisme violent, tout en consolidant la cohésion sociale dans les régions du Liptako, du Soum et du Yaadga, durement éprouvées par la crise sécuritaire.
Une quinzaine de représentants des forces vives locales – leaders communautaires, acteurs socio-professionnels et services publics – ont pris part aux échanges. Les communes concernées par le projet sont notamment Gorom-Gorom, Dori, Djibo, Sebba, Ouahigouya et Titao.
Le programme RED+ Sahel repose sur un consortium d’organisations engagées. Le Conseil régional des Unis du Sahel (CRUS) en assure le pilotage, tandis que la Fédération nationale des groupements Naam (FNGN) est chargée des formations liées à la lutte contre l’extrémisme violent. Faso Action pour le développement du Burkina Faso intervient dans la formation des maîtres coraniques et la réinsertion des élèves, et l’Association Femmes pour la Dignité du Sahel (AFDS) prend en charge les questions liées au genre.
Dans son allocution, le représentant du Président de la Délégation spéciale, Monsieur Tamboura Idrissa Adama, Directeur de la Police municipale de Djibo, a insisté sur l’importance de l’engagement local :
« Il nous faut rester des patriotes actifs et non des patriotes émotionnels (…) car il s’agit de notre vivre-ensemble », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation collective pour le développement durable du Soum.
Les travaux de groupe, menés dans une approche inclusive, ont permis d’identifier plusieurs besoins prioritaires. Parmi ceux-ci figurent la formation de formateurs, le renforcement des capacités des communicateurs sur les terminologies liées à l’extrémisme violent, ainsi que des formations spécialisées en milieux hostiles (HEAT), en gestion des conflits et en gestion de crise pour les services techniques déconcentrés.
Les participants ont également souligné la nécessité de redynamiser les cadres communaux de dialogue et les mécanismes de concertation incluant les organisations de la société civile.
À terme, le projet RED+ Sahel ambitionne de renforcer les compétences techniques des élèves et maîtres coraniques, de mettre en place des systèmes d’alerte précoce et de prévention, et de promouvoir le dialogue et la coordination entre les acteurs locaux. L’objectif ultime est de transformer durablement le vivre-ensemble dans les zones d’intervention et d’améliorer les conditions de vie des populations.
Prévu pour s’étendre de janvier 2026 à décembre 2027, le programme cible particulièrement les femmes, les jeunes, les personnes déplacées internes (PDI) ainsi que les populations hôtes et vulnérables.
À travers cette phase d’identification des besoins, Djibo pose ainsi les bases d’une action concertée pour un Sahel plus résilient et solidaire.

Ernest OUEDRAOGO

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