A propos de la férule papale, pour corriger certaines informations erronées…
La croix papale ou férule est le bâton pastoral utilisé par le pape. Elle diffère par sa forme particulière – celle d’un crucifix – de la crosse employée par les évêques durant les cérémonies liturgiques. Lors de l’inauguration de son pontificat, ce dimanche 18 mai sur la place Saint-Pierre de Rome, Léon XIV s’est présenté tenant dans sa main gauche la célèbre férule cruciforme en argent massif.

Ce bâton pastoral est porté par tous les papes depuis saint Paul VI qui l’utilisa pour la première fois le 8 décembre 1965, lors de la cérémonie de clôture du Concile Vatican II. Il se présente sous la forme d’un crucifix contemporain, très impressionnant par son réalisme; il a été conçu et réalisé par le sculpteur italien Lello Scorzelli.

Ami des artistes et de l’art en général, Paul VI avait spécialement passé cette commande, dès son élection en 1963. Il souhaitait que cette croix puisse symboliser le grand message christologique ( c’est-à-dire, centré sur le Christ) du Concile Vatican II: Dieu s’est fait homme comme nous par son Fils; il a souffert et il est mort sur la croix pour nous sauver et nous rappeler combien son amour pour l’humanité est incommensurable, permanent et sans fin.
Tous les successeurs de Paul VI ont porté cette croix de la même manière qu’une crosse. Benoît XVI lui avait finalement préféré la croix en or de Pie IX, car elle était plus légère à porter et correspondait mieux à sa sensibilité esthétique et liturgique. C’est cette férule qu’avait choisie le pape Léon XIV lors de la messe de clôture du conclave.
On notera une originalité dans la férule de Paul VI : la barre transversale de la croix est courbée un peu comme la paterissa portée par un évêque chrétien oriental. On peut y voir un subtil clin d’oeil oecuménique adressé aux chrétiens orientaux, notamment aux orthodoxes, vers qui le pape Paul VI fut le premier à faire des gestes de réconciliation historiques.
Il n’est pas inutile de rappeler ces précisions quand tant d’informations erronées circulent actuellement sur les réseaux sociaux et dans les médias à propos de cette croix souvent présentée, par ignorance ou par erreur, comme une innovation de Jean-Paul II. Il est vrai que le pape polonais l’avait beaucoup popularisée en voyageant l’équivalent de trois tours du monde durant les presque 27 ans de son règne. Néanmoins, il faut savoir être précis et rigoureux avec l’histoire ; et puis, comme dit Quelqu’un, il faut « rendre à César ce qui est à César ».
Trouvé sur Internet, corrigé et complété. Par Frère Hervé
