Lesoleil.bf : Présentez-nous votre parti que biens de burkinabè ne connaissent pas encore.
Surtout du fait de sa jeunesse.
La Convention Panafricaine des indépendances, émane d’un chemin aussi long que la distance qui
sépare la terre aux autres planètes !il convient d’évoquer les circonstances qui en résultent de sa
création avant de vous détailler ces objets…
Ayant milites dans certains partis d’obédience communiste, dans les différents lycées du pays, il
était logique qu’une fois à l’université, nous intégrons le PAI (Parti Africain d’indépendance) qui
ouvrit une formation de ces pépinières à raison de groupes ressortissants de chacun des 350
départements du Burkina. Cette formation a couvert la période 2003-2006 et a concerné plusieurs
étudiants (environ 2000).
Une fois la formation terminée il était question de l’implantation du parti à l’intérieur du pays mais
hélas, des démêlés judiciaires et financières au sein de la structure-mère venaient mettre fin au
projet et aux ambitions du parti qui depuis n’a pu mieux faire que d’écorner son dynamisme au
passage…
C’est ainsi que l’ensemble des étudiants s’est donné rendez-vous le moment venu pour la
création d’une formation politique aux aspirations marxistes.
Un avant-projet avait été mis sur la table mais les évènements du 30 et 31 octobre 2014 mirent fin
aux perspectives.
Il en eu des dissidences dont je ne saurais citer les noms. Une chose est certaine, c’étaient des
camarades de lutte au départ.
Il a fallu finalement attendre l’année 2021 pour que la formation voie le jour par consensus…
Dans votre dénomination vous mettez en avant deux concepts qu’on pensait dépassés qui
signent leur retour dans les foras politiques africains aujourd’hui: indépendances (années
charnières et de vaches grasses et le panafricanisme)!
La CPI met au centre de sa lutte politique l’indépendance de la nation, sous toutes ses formes et
aussi et surtout le concept de « souveraineté non négociable ». C’est pourquoi le combat de
l’impérialisme occidental apparaît en premier dans ses objectifs (intrusion dans nos
administrations, forces armées étrangères, espionnage des élites et élus, monopole de Prince dans
certains secteurs d’activité, confiscation monétaire, tentative d’imposer toujours des valets locaux)
Quant au vieux concept du panafricanisme, il ressort dans notre démarche comme le sentiment de
vivre nos réalités noires sans céder aux influences néfastes occidentales…
Qu’est ce qui peut expliquer la création d’un parti politique dans un pays comme le nôtre
qui en dispose plusieurs ?
Nous aurions souhaité appartenir et militer au PAI qui n’a pu exister du fait de manigances des
forces impérialistes…Avec l’avènement de notre parti politique, il est plus question d’aspirations
et de vision qu’un quelconque positionnement dans les instances et listes présentées.
Du CDP au MPP, nul besoin de préciser que le peuple était hors d’une implication populaire dans
les processus socio-économique et politique. Seule la volonté du maître colon était la priorité
absolue.
Ainsi, il est indécent pour nous jeunes, qui avons subis ces politiques peu muries, d’adhérer aux
projets complices de ces multiples partis politiques qui en réalité constituent des manipulateurs
déguisés des masses.
Expliquez-nous l’organisation de votre parti au plan national.
L’organisation sur le plan national n’est que théorique d’abord. Nous sommes en train
d’opérationnaliser cela et nous allons nous donner les moyens de bien le faire.
Dans les préparatifs du premier congrès, nous avons été avertis de la décision par les autorités de
suspendre les activités politiques. Une décision que nous avons décidé de respecter surtout quand
on met dans la balance de l’analyse le poids de l’insécurité.
Il convient de préciser que conformément aux statuts et règlement intérieur l’unité socio-politique
de base est le comité du village (107 membres); celle de la commune (130 membres); la province
(100 membres), les bureaux régionaux (90 membres) et enfin le Bureau exécutif national (BEN)
qui compte 130 membres.
On ne sent pas encore votre engagement dans la sphère politique !
Nous sommes un jeune parti et vous avez peut-être raison. Mais comme je le disais
précédemment, nous avons voulu respecter la décision des autorités de la Transition, notamment
celles du MPSR2. Notre engagement est mené à travers des actes de soutien ou de dénonciation
des activités politiques. Nous le faisons à travers des écrits en attendant. Pour ce qui concerne
battre le pavé, cette question n’est plus d’actualité compte tenu des mesures restrictives du
gouvernement sur les activités politiques et même de l’insécurité.
Interview réalisée par Camille OUEDRAOGO pour www.lesoleil.bf