Suspension de l’aide de l’USAID

<<L’information a été passée avec beaucoup de peines et d’amertume>>, Monsieur Madou*, travailleur dans l’humanitaire à Djibo

La tête baissée, le regard hagard, l’homme scrute l’horizon. Visiblement, ce n’est pas seulement ce voyage des yeux d’un bout à un autre, il y cherche une raison d’esperer. Par ce geste qui paraît anodin, il souhaite sans doute y lire l’avenir. Cet avenir désormais incertain pour lui. Lui, c’est I’un des responsables d’une structure locale qui oeuvre dans l’humanitaire au Sahel.
Cette structure comme beaucoup d’autres dans la zone a bénéficié d’un financement d’une branche de l’USAID dans le cadre de l’un de ses projets. Selon notre vis à vis, la décision de suspendre l’aide afin de mieux l’analyser est venue <<comme un cheveu dans la soupe (…),l’information a été passée avec beaucoup de peines et d’amertume>>, nous confie t-il. L’ambiance était bon enfant. Puis patatras! Le chaos au bout!

Au début, de nombreuses activités de soutien et de protection étaient menées au profit des populations déplacées et hôtes. La réponse humanitaire, malgré ses insuffisances, aidait à couvrir de nombreux besoins des populations. Quoi qui,’on dise, elle reste une grosse panacée.
Pour notre interlocuteur, si, l’ambiance de travail avant la décision suscitait espoir, les choses vont aller de mal en pis avec la déclaration du Président Donald Trump.
Quelle ambiance règne ? <<C’était la consternation aux seins des personnels des associations, projets et ONGS qui étaient bénéficiaires des financements Américains>>. Chacune d’entre elles s’accrochait à un hypothétique espoir. Dommage, les conséquences ont été désastreuses. Le coup de massue a été violent. <<Toutes les activités ont été immédiatement suspendues privant les populations d’appuis vitaux, (soins de santé, vivres, abris et autres biens et services)>>.Et cela est intervenu dans une ville où les denrées de première nécessité manquent cruellement. Dans une ville où l’absence de ressources financières est aggravée par la surenchère au niveau des prix des produits commerciaux.

Notre interlocuteur est formel, les ménages vont souffrir le martyre. <<Les conséquences de ces licenciements massifs sont nombreuses. Les licenciements ont touché de nombreux employés locaux qui étaient les piliers de leurs familles>>.
En ces temps difficiles, certaines structures bénéficiaires ont mis la clé sous le paillason. D’autres, les plus chanceux sont menacés de fermeture dans la zone>>. Si les licenciements ont été annoncés avec souplesse dans certains services opérant dans le domaine humanitaire, dans d’autres, l’espoir d’une conservation d’emploi a foutu le camp. La suspension des contrats et des activités annoncée pour une période sous revue de trois ( 03) mois s’est vite transformée en licenciements et arrêt définitif de toutes les activités.

L’espoir d’un retour des financements américains est mince toutefois l’homme est croyant et garde espoir. Il jure la main sur le cœur qu’un miracle interviendra. <<Si espoir il y a, c’est plutôt avec d’autres bailleurs de fonds autres que américains>>, se vide t-il.

Ainsi, de nombreux employés ont été définitivement licenciés abandonnant ainsi une importante partie des activités dont bénéficiaient les communautés. Celles-ci sont arrêtées et/ ou mise en veilleuses.
Djibo dont la question crucial du ravitaillement en vivre posé une inflation hors norme, devient une fois de plus difficile à vivre. Il faut aller voir ailleurs se disent nombre de travailleurs et travailleuses humanitaires. Encore faut-il que leurs économies le leur permettent. Parfois la prospective et l’économie des finances n’est pas africaine !

Camille OUEDRAOGO

NB: La Photo est juste une photo d’illustration.
Madou est aussi un.nom d’emprunt pour préserver l’anonymat.

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