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Publié le 6 octobre 2020
COORDINATION REGIONALE DES SYNDICATS DE L’EDUCATION DU CENTRE-OUEST(CRSE/CO)
F-SYNTER- SNESS- SYNATEB- SNEA/B- SYNTAS- SYNAPAGER-SYNAPEP-SATEB-SYNATRAS- SNEP -SYNATRENF

Koudougou, le 05 octobre 2020.

MESSAGE A L’OCCASION DE LA JOURNEE DE L’ENSEIGNANT

5 octobre 1994, 5 octobre 2020, voilà depuis vingt-six (26) ans francs que la communauté éducative célèbre dans le monde entier, chaque 5 octobre, la Journée Mondiale de l’Enseignant(J.M.E.), envoyé commémoration de la signature de la Recommandation O.I.T./UNESCO concernant la condition du personnel enseignant de 1966.
Le 5 octobre, comme le dit Pierre St-Germain, Président de la Fédération Autonome de l’Enseignement (F.A.E.), « est l’occasion de souligner le travail vital, le professionnalisme et l’implication des enseignantes et des enseignants à l’avancement de notre société. » Cette journée devrait être surtout celle de reconnaître, de valoriser, de soutenir le travail des acteurs de l’éducation et de leur fournir les meilleures conditions pour exercer leur profession.
La 26e célébration de la J.M.E. dans notre pays se tient dans un contexte particulier marqué par des crises de diverses natures, et ce, dans tous les secteurs. Ces crises ont pour nom : attaques terroristes, COVID 19, vie chère, remises en cause des libertés démocratiques et syndicales, etc.
Ainsi à ce jour, notre pays enregistre des centaines de morts parmi nos populations et plus d’un(01) million de déplacés internes vivant dans des abris précaires et exposés à tous les dangers possibles. De ces morts, l’on dénombre à la date du 06 février 2020, dix (10) de nos collègues enseignants. Pendant ce temps, le pouvoir MPP et alliés s’évertue à dégrader de jour en jour les conditions de vie sociale et économique des populations. Cela se manifeste à travers la création de taxes tout azimut, la récente hausse du prix des hydrocarbures, etc.
De la remise en cause des libertés démocratiques et syndicales, on note la traduction politique du Secrétaire Général de la CGT- B en conseil de discipline, les exécutions ciblées de masses(c’est le cas de Kain-Ouro, du Yagha à travers l’assassinat des deux responsables de l’O.D.J.), le refus d’exécuter des décisions de justice (le cas de l’APN en est une illustration), le refus de réviser le code du travail afin de lui conférer un visage humain. A cela s’ajoute l’abattement du pouvoir d’achat des travailleurs à travers l’extension de l’IUTS aux agents publics alors que ceux-ci revendiquaient sa suppression chez les privés et les parapublics. Les luttes engagées autour de cette question par la coalition nationale des syndicats ont eu de graves conséquences chez les personnels de l’éducation : plus de sept cents salaires illégalement suspendus, des coupures arbitraires.
C’est dans un tel contexte que la Coordination Régionale des Syndicats de l’Education du Centre-Ouest, creuset des professionnels de l’éducation de la région, fait une halte afin de dresser un bilan sans complaisance de la situation de l’éducation dans la région.
Avant tout propos, nous nous inclinons devant la mémoire de nos collègues disparus du fait d’attaques terroristes ou de personne(s) armée(s) non identifiée(s) dont le dernier acte ignoble en date dans notre région, est l’assassinat de BADO Pascal, Directeur de l’Ecole Primaire Publique de Youloupo, la commune Didyr ,dans la province du Sanguié au cours de la nuit du dimanche 06 au lundi 07 septembre 2020 à son domicile. L’infortuné, faut-il le rappeler, venait de célébrer la veille de son assassinat, l’excellence dans son école pour avoir réalisé l’une des meilleures performances des temps avec 92 élèves admis sur 92 présentés soit un taux de succès de 100% à l’examen du Certificat d’Etudes Primaires, session de 2020.
Une recommandation de l’O.I.T./UNESCO de 1966 stipule : « le travail de l’enseignant est si spécial et utile qu’il devrait être organisé et facilité de manière à éviter toute perte de temps et d’efforts ».
Mais quel est le constat sur la situation des personnels de l’éducation dans le Centre-Ouest ?
Sur le plan des infrastructures et du matériel, la quasi-totalité des directions
provinciales de l’Enseignement Post-primaire et Secondaire, des Circonscriptions d’Education de Base et certaines vieilles écoles sont dans des abris précaires.
A cela s’ajoutent l’insuffisance criarde d’amphithéâtres adaptés à l’Université Norbert ZONGO, de salles de classes dans les écoles, les lycées et collèges, occasionnant le spectacle désolant de ces parents angoissés, des enseignants désemparés, les effectifs démentiels dans les classes avec l’exclusion de nombreux enfants à la merci des établissements d’enseignement prédateurs que sont les privés.
En ce qui concerne les conditions de vie et de travail, le protocole d’accord du 27
janvier 2018 a suscité un grand espoir chez les personnels de l’éducation, convaincus qu’il posait les bases d’une amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Mais, force est de constater que, non seulement le contenu du statut valorisant tel que défendu par les acteurs de l’éducation à travers la Coordination Nationale des Syndicats de l’Education, C.N.S.E. , et baptisé statut particulier par le pouvoir en place, crée de la polémique à plus d’un titre, mais aussi que des points cruciaux du protocole connaissent un retard indicible d’apurement. Il s’agit principalement de la bonification d’échelon, les avancements et les indemnités harmonisées communément appelés dette sociale.
C’est dans un tel climat que la meilleure trouvaille de certains chefs d’établissement, et responsables de services zélés, parce que jouissant de l’onction d’autorités locales, elles-mêmes sous le manteau du pouvoir en place, à servir aux acteurs de l’éducation est la répression financière, les notations sanctions, les affectations arbitraires, etc.
Sans doute, nos gouvernants, notamment le MENAPLN, n’ont pas encore compris cette maxime d’un sage chinois en lien avec le pouvoir de l’éducation sur l’Homme, quand il dit : « Si vous voulez détruire un pays, inutile de lui faire la guerre sanglante qui pourrait durer des décennies et coûter chère en vies humaines. Il suffit de détruire son système éducatif et d’y généraliser la corruption. Ensuite, il faut attendre vingt (20) ans et vous aurez un pays constitué d’ignorants et dirigés par des voleurs. Il sera alors facile de les convaincre ».
C’est au regard de ce qui précède que la Coordination Régionale des Syndicats de l’Education (C.R.S.E.) du Centre-Ouest, tout en adressant, à l’occasion de cette journée commémorative, ses salutations et ses encouragements à l’ensemble des acteurs de l’éducation,
condamne sans réserve la répression tout azimut que certains responsables zélés de notre région continuent d’abattre sur des dirigeants syndicaux et des militants de base du fait de leur engagement syndical ;
exige des autorités en charge de l’éduction dans la région la prise de mesures adéquates pour que la lumière soit faite sur l’assassinat de BADO Pascal et assurer la sécurité de tous les travailleurs dans leurs services respectifs.
La C.R.S.E. du Centre-Ouestinterpelle les autorités à :
prendre diligemment les dispositions utiles pour éviter les crises incessantes liées à la
mauvaise gestion des établissements, et de l’université (UNZ) ;
communiquer par trimestre, les données statistiques des dossiers de reclassement, d’avancement, de correction d’indemnités des personnels, reçus et traités puis, celles des dossiers rejetés avec éventuellement les observations ;
construire des édifices adéquats et équipés pour abriter les services des DPEPS etdes CEB ;
Construiredes salles de classe conséquemment équipés à même de contenir les effectifs retenus dans le protocole d’accord ;
appelle l’ensemble des acteurs à s’organiser et à se battre pour la correction des grosses disparités sciemment orchestrées dans le statut dit particulier, l’apurement total et diligent de la dette sociale et la mise en œuvre effective du protocole d’accord ;
invite ses militant(e)s et sympathisant(e)s à rester mobilisés et à se tenir prêts pour tous les mots d’ordre que la situation commandera.

Non au dilatoire du gouvernement dans la mise en œuvre du protocole d’accord !
Pour la mise en œuvre effective du protocole d’accord, en avant !
Pour la correction des disparités dans le statut dit particulier, en avant !
Vive l’éducation !
Vive les travailleuses et les travailleurs du monde de l’éducation !
Bonne journée du 5 octobre à toutes et à tous !

Ont signé :

F-SYNTER SYNATEB SNEA-B

SYNAPEP
SYNTAS
SYNAPAGER

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