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Publié le 5 septembre 2020

Les personnes en situation de handicap (PSH) sont au nombre de 168 094 au Burkina Faso selon le récent recensement initié en 2019 par le ministère de la Famille, de la solidarité nationale et de l’Action humanitaire. Mais ces chiffres restent en deçà de la réalité selon leurs auteurs. La partie immergée de l’iceberg est plus grosse. En effet, nombre de pesanteurs socio-culturels pèsent sur les mentalités. Les familles refusant de présenter leur enfant en situation de handicap. Au niveau de la région du Nord, le cadre de l’« Action sociale » Aly OUEDRAOGO. Il corrobore alors cette thèse. « Ce fut le cas dans les villages de la commune de OULA ». Les familles cachaient leurs enfants et ne les déclaraient pas lors des visites de nos équipes. Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il y a plus de PSH qu’on ne le croit. Il y a donc plus de besoin de planification que ne le laisse percevoir les chiffres nationaux. On dénombre dans notre pays selon l’OMS, 1 195 000 personnes vivants avec un handicap. Et de préciser que ces personnes représentent 15 % de la population mondiale. L’OMS insiste sur la nécessité de promouvoir les droits des personnes vivants avec un handicap car elles font partie des couches vulnérables.

Cependant, d’un pays à un autre, cet appel de l’institution onusienne est perçu différemment. « Au Burkina Faso, les problèmes des personnes en situation de handicap sont l’emploi, la situation matrimoniale, la non application des textes de loi. Mais le plus coriace des problèmes c’est la non application des textes de loi », résume Alassane KAGONE, Inspecteur d’éducation spécialisée, Chef de la Protection à la Direction régionale de la Famille, de la Solidarité nationale et de l’Action humanitaire. En effet, l’armada juridique en faveur des droits de la personne vivant avec un handicap dans notre pays est dense. Cependant, les décrets d’application restent lettres mortes. On peut citer entre autres, la constitution du 2 juin 1991 qui stipule que les hommes naissent libres et égaux en droits, la loi n°13-AN dite loi d’orientation sur l’éducation, la loi n° 2007-836 du 17/ 12/2000 sur l’éducation spécialisée, la loi n° 012, et le décret n° 2009-5030 fixant conditions d’emploi et de formation professionnelle des personnes handicapées. Un autre décret est celui n° 2012-828 portant adoption des mesures sociales en faveur des personnes handicapées en matière de santé et d’éducation.
En dehors de cet arsenal juridique national, il y a les textes juridiques de portée générale. On y relève entre autres, le Pacte international sur les droits civils et politiques, la Convention internationale relatif aux droits de l’enfant (CDE), la Convention contre la torture, la Charte africaine des droits de l’homme (CADH).

L’os du certificat médical
Le décret n°2012-828 portant adoption des mesures sociales en faveur des personnes handicapées en matière de santé est pointé du doigt par les premiers bénéficiaires de cette loi et les acteurs de la mise en œuvre (Etat, gouvernement, ONGs et associations de promotion des droits des PSH. Le certificat médical est un document clé dans la reconnaissance de la personne en situation de handicap. « Il y a notre Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) qui est une reconnaissance d’ordre générale. Mais la carte d’invalidité est plus importante et spécifique à nous », relève Mahamadi GANAMe, PSH, par ailleurs président de l’Association Eveil. Ce leader des OSC à Ouahigouya est offusqué de ce que leurs droits ne sont pas reconnus.

Au nombre des griefs, les PSH notent le fait qu’il y a une seule structure qui produit les cartes d’invalidité et celle-ci est basée à Ouagadougou. Parfois on note un retard dans la production et la diffusion des cartes.

Au nombre des suggestions que le spécialiste KAGONE fait à l’endroit du gouvernement, il y a le fait de placer le SP COMUDhandicap sous la coupe de la présidence du Faso, la nécessité de respecter les engagements politiques en faveur des PSH, la nécessité d’intégrer la budgétisation sensible en faveurs des PSH dans les ministères, les Communes, les conseils régionaux, la spécialisation de médecins dans la prise en charge des PSH …La carte d’invalidité devrait donc donner matière à être débout aux PSH mais elle les handicape davantage et ils faut que l’Etat, garant de la Sécurité et de la paix de ses concitoyens puissent lever les obstacles à la promotion des droits. Sinon, il ne mérite pas d’être appelé Etat ! Camille OUEDRAOGO.

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